Le Groupe de Réflexion et d’Action sur les Industries Extractives au Niger (GREN) et le Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire (ROTAB) Publiez Ce Que Vous Payez Niger réunis ce jour 27 juillet 2012, afin d’examiner la situation qui prévaut dans le secteur pétrolier, minier et gazier au Niger, déclarent ce qui suit :
Depuis plusieurs années, notre pays exploite de nombreuses ressources naturelles, mais les retombées de ces activités profitent peu aux citoyens. Cette situation déplorable est imputable non seulement à la mauvaise négociation des contrats mais aussi au laxisme des autorités en charge des secteurs évoqués plus haut qui peinent à faire appliquer strictement les conventions.
Dans le secteur pétrolier et gazier, le gouvernement est plus préoccupé par le remboursement des investissements que par, l’intérêt direct des populations. Tout se passe comme si l’exploitation de ces ressources nationales est destinée à servir exclusivement les intérêts des multinationales.
La récente visite du Président de la République en Chine fut la meilleure opportunité pour renégocier les conditions d’exploitation du pétrole dans l’intérêt de tous les nigériens. C’est pourquoi ces derniers attendent légitimement la réduction sensible des prix du gaz et des hydrocarbures à la pompe.
Dans le secteur aurifère, la SML bénéficie depuis 2004 d’un contrat négocié à des conditions préférentielles qui bloque le prix de l’once d’or. Or, le prix de l’once qui tournait autour de 400 dollars US en 2005 (160.000 FCFA environ) est aujourd’hui à 1600 dollars US (843 600 FCFA). Il faut noter que de 2005 à 2012, le cours de l’or a connu une progression continue avec un record du prix de l’once établi le 6 septembre 2011 à 1921,17 dollars US (1.012.000 FCFA). Il ressort de ces données que le prix de l’or a quadruplé sans que les nigériens n’en tirent n quelconque avantage. Sur le terrain, les populations riveraines des sites d’exploitation sont exposées aux impacts environnementaux négatifs liés à l’exploitation minière.
Dans le secteur uranifère, la société IMOURAREN SA, filiale d’AREVA NC, tarde encore à démarrer l’exploitation qui est censée rapporter au Niger des ressources financières significatives. Au lieu de mettre en œuvre les dispositions du Code Minier qui prévoient un démarrage effectif des activités après la signature de la Convention le 5 janvier 2009, IMOURAREN SA ou plutôt Areva se complaît dans une campagne de communication et de relations publiques dans le seul dessein de distraire le Niger et son peuple.
Au regard de ce qui précède et soucieux de la jouissance par les citoyens Nigériens des retombées du secteur extractif, le GREN et le ROTAB demandent au Gouvernement :
1. D’une part de veiller à l’application stricte des conventions signées avec les compagnies minières et pétrolières pour la sauvegarde des intérêts nationaux et d’autre part de remettre en cause tous les contrats pétroliers et miniers ;
2. Renégocier le contrat avec la SML pour prendre en compte les fluctuations positives du cours mondial afin d’en tirer le plus grand profit et exiger réparation des préjudices causés au peuple du fait de cette activité ;
Le GREN et Le ROTAB :
3. Exigent la baisse significative des prix des hydrocarbures et du gaz pour que les Nigériens profitent réellement de cette richesse.
4. Exigent le respect strict des dispositions de la constitution du 25 novembre 2010 relative à l’exploitation et à la gestion des ressources naturelles et du sous-sol.
Fait à Niamey, le 27 Juillet 2012
Ont signé :
Pour le GREN Pour le ROTAB
Mme Solli Ramatou M. Ali Idrissa








